En architecture et construction, une fenêtre, châssis en français canadien1, est une baie, une ouverture dans un mur ou un pan incliné de toiture, avec ou sans vitres. Sa différence avec la porte réside dans le fait qu’elle ne descend pas jusqu’au sol mais jusqu’à l’allège. Dans le langage familier le mot fenêtre désigne de façon générique les diverses menuiseries permettant de fermer la baie, le châssis de fenêtre.

Fonctions

Une fenêtre assure plusieurs fonctions pour le local concerné : l’éclairage, la vue intérieur-extérieur ou vers l’extérieur seul, l’a300px-Paris_Façade_16_rue_d'Abbeville_2013ération, auxquels s’ajoutent parfois la communication verbale et la sécurité des évacuations. Tout ceci est fait en respectant la séparation des lieux par leur isolation thermique et phonique selon le besoin. La fenêtre a servi autrefois à faire entrer et sortir en façade sur rue des marchandises dans des magasins situés en étage. Elle a servi à évacuer des ordures ménagères, aussi bien à la ville qu’à la campagne et cet usage a disparu avec son interdiction dans les règlements royaux puis municipaux. Actuellement aux fonctions de la fenêtre s’est ajoutée une fonction obligatoire de sécurité incendie qui concerne en haut des escaliers les dômes prévus pour l’évacuation des fumées d’incendie et une fonction incitative donnée par le retour financier de la fiscalité pour la maîtrise de la chaleur entrant dans le bâtiment par l’ensoleillement.

La fenêtre de plain-pied sur la rue est devenue une vitrine pour l’étal du commerce. Selon les marchandises vendues c’est devenu ensuite un étal non accessible depuis la rue.

Lorsque la baie est un accès à la lumière dans un local sans vue autorisée sur l’extérieur, la baie est un jour-de-souffrance qui fait partie des servitudes intégrées dans les règlements d’immeubles.

La fenêtre a eu une importance sociale et politique : Défenestration, Impôt sur les portes et fenêtres, importance qui est aussi relatée dans la littérature et la peinture.

L’apparition des fenêtres dans l’architecture correspond à la conception de la visibilité et de la protection par rapport à l’extérieur à partir du XIIe siècle dans les bâtisses. Les ouvertures sont plus grandes que celles de la pratique antérieure qui faisait des toutes petites embrasures rectangulaires ou rondes-ovales. Certaines petites proportions sont restées : dans les lucarnes pour les rectangulaires, dans les lunettes et oculi pour les rondes. L’ensemble des portes-fenêtres installées sur des terrasses à l’intérieur ou à l’extérieur des bâtiments, le niveau de jardin, est une composante majeure de la notion du dedans pour un espace clos (une salle), et du dehors pour un espace à ciel ouvert, ces deux éléments qui peuvent se joindre et nécessitent alors de faire disparaître momentanément le mur.

Un élément de construction

Une fenêtre peut être fixe ou bien s’ouvrir et comporte alors un ouvrant.

La partie scellée au mur de manière étanche est le fixe, le bâti, le dormant. La partie mobile est l’ouvrant qui refermé doit assurer en façade l’étanchéité aux intempéries et au bruit. La partie mobile est soit le vantail ou battant qui s’ouvre en formant un angle avec le mur vertical, soit le châssis intermédiaire glissant latéralement dans le plan du mur vertical, soit le dôme qui s’ouvre en toiture en dormant un angle.

La forme de la baie peut être une traduction symbolique à valeur essentielle culturelle constituant sa fonction primordiale parfois. Les fenêtres hautes d’église signifient l’élévation, le sublime et les rosace le rayonnement de Dieu.

Les chambranles de fenêtre font partie de la structure de l’édifice, constitués dans le matériau de structure de l’édifice : il s’agit de bois FerForgéAncienLeGuerno(majorité des cas jusqu’au XIXe siècle compris), de pierre maçonnée, de brique (généralisée à partir du XIXe siècle) qui parfois donnent des arcs (plein-cintre, brisés), puis il s’agit de béton (au milieu du XXe siècle), avec lequel le chambranle est un vide obtenu simplement par une réservation mise dans le coffrage. Le béton autorise toutes les formes possibles par sa plasticité, mais on reste cependant le plus souvent sur la forme rectangulaire de base pour la fenêtre. Dans des immeubles à structure poteaux-dalles, les fenêtres peuvent ne plus avoir de chambranle à véritablement parler.

Historiquement le jumelage des baies a constitué les croisées à meneau, milieu (XIVe siècle). Ces fenêtres avec une croix de pierre au centre du tableau de maçonnerie sont devenues ensuite les fenêtres à double-battant qui sont si répandues.

La partie maçonnée haute, le linteau est à l’origine une table de pierre ou de bois appuyée sur les pied-droits, cette partie haute fut renforcée en rigidité par l’invention du chaînage XVIIe siècle (partie métallique horizontale encastrée) qui se marque souvent par un bandeau en façade, ce chaînage qui autorisa des embrasures larges à moindre risque d’effondrement par dislocation de la structure.

La partie maçonnée basse sur laquelle s’appuyait la fenêtre formait à l’origine la banquette faite dans l’épaisseur du mur avec son dossier mince qui constitue l’allège. Elle allégeait la construction faite en mur épais. En même temps pour la partie latérale, on allégeait les trumeaux par les alettes. À l’apparition des murs minces en parpaings ou briques on simplifia l’ouverture maçonnée, le tableau, cette partie de la maçonnerie de l’épaisseur de mur visible à l’extérieur de la baie.

Les fenêtres font partie avec les portes de ce qui constitue l’huisserie placée sur les tableaux de maçonnerie dès le XIIIe siècle. La totalité de la fenêtre a été, dès lors, traditionnellement réalisée en menuiserie de bois pour son bâti, ses cadres fermant avec l’emboîtement de gueule-de-loup et leurs traverses, croisillons et parecloses tenant les carreaux. L’intérêt de cet « ouvrage léger » est qu’il peut suivre les déformations que subit le gros œuvre par ses contraintes dues au sol qui

s’affaisse et déforme les baies. Le travail de fabrication et d’installation est depuis fait par la même corporation que celle qui fait les meubles même s’il s’agit d’une partie de l’immeuble, les menuisiers. Des profils en fer furent utilisés en substitution du bois (le chêne a eu une très grande importance dans le bâtiment et un grand prix) fin du XIXe siècle, puis le bois exotique prit une place importante.

Au Moyen Âge, dans les vitrages dormants les carreaux sont tenus dans une résille de plomb fixée au mur. Cela donne par exemple les éclairages des églises avec vitraux. Dans les vitrages ouvrants la résille est fixée à un châssis bois. Cela donne par exemple les croisées des grandes demeures.

Les vitres de la fenêtre ont été translucides avant d’être transparentes. Ce fut du parchemin, de la toile huilée, du mica avant de pouvoir être au XIVe siècle du verre ou du cristal. Le verre acrylique (-le verre des dômes d’éclairage zénithal dans les garages ou dans les montées d’escalier, le verre des Fenêtre arquées modernes) s’y est ajouté à partir du milieu du XXe siècle.

Les dispositifs de fermeture des fenêtres sont le loquet, l’espagnolette à poignée (-avec une tringle tournante verticalement agrippant le bâti avec un crochet en haut et bas), la crémone à bouton (-avec une béquille métallique en bas et une en haut s’enfonçant dans des gâches), qui datent du XVIIe siècle. Cela constitue la quincaillerie devenue décorative à laquelle s’ajoute les paumelles, fixations articulées en charnière des battants au bâti qui restent en général assez sobres en comparaison de celles mises en place pour les portes renforcées de style ostensible traditionnel actuel.

Des grilles en avant-corps ont pu être disposées pour protéger les locaux, elles devinrent des garde-corps sur lesquels on pouvait s’accouder. La ferronnerie d’art qui avait pris son essor fut grandement remplacée au XIXe siècle par de la fonte moulée reprenant les dessins classiques, la grille devint banale. Y succéda de simples barres métalliques encastrées, avec l’épuration des lignes architecturales au XXe siècle. L’utilisation de barreaux afin de se protéger des intrusions avait disparu dans l’architecture des grands immeubles d’habitat de ville après la première guerre mondiale, même dans leurs étages bas. Ces équipements donnaient l’utilité de l’ouverture des battants vers l’intérieur (à la française) plutôt que vers l’extérieur (à l’anglaise) qui pour sa part économisait l’espace intérieur accessible. Ces systèmes défensifs étaient devenus parfois un élément d’ornementation important en façade, et étaient parfois très agressifs (herses appelées étripe-chat au Canada). Cependant les fenêtres de rez-de-chaussée à barreaux sont revenues en ce début d’architecture du XXIe siècle.

Les volets intérieurs ou les contrevents à l’extérieur sont répandus au XVIIe siècle. Ils devinrent ensuite les persiennes extérieures Tournai_place_Victor_Carbonnelle_5_903ajourées. Les volets et contrevents équipent la fenêtre pour assurer l’occultation totale de la baie, pour permettre à la fois l’obscurité et la résistance à l’effraction. On leur ajoute ensuite selon les besoins des stores extérieurs en toile qui protègent du soleil et peuvent prendre une forme de corbeille à arceaux, des stores vénitiens intérieurs à lames et des moucharabieh-jalousies qui protègent l’intimité et aussi du trop plein de lumière et de chaleur avec les baies situées en hauteur. Des moustiquaires sont mises en place contre les insectes. Dans l’architecture moderne du XXe siècle apparaît le brise-soleil comme élément de façade marquant le style.

Selon le mode d’ouverture, on distingue actuellement différents types de fenêtres : les fenêtres à frappe avec des vantaux battants, les fenêtres coulissantes sur châssis, les fenêtres de toit en pente, les lanternes de toit ou de terrasse fournissant un éclairage zénithal, les portes-fenêtres, les impostes de porte.

La fenêtre, ainsi que la porte, a un statut particulier de fait dans l’histoire et en général non voulu lors de la construction : être récupérable. Ainsi au cours des âges, les baies ont été déménagées d’un édifice à un autre avec parfois leur maçonnerie complète et pas simplement leurs huisseries. Soit par qu’il s’agissait de prises de guerre, de « re-répartition de richesse » comme lors de la Révolution Française, soit parce que leur haute valeur symbolique était prise en compte : haute valeur religieuse comme ces récupérations réciproques entre l’Islam et la Chrétienté après le Moyen Âge, haute valeur patrimoniale comme ces déménagements entre l’Europe et le Nouveau monde jusqu’au XXe siècle.

Fenêtre ?

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